Nous ne sommes pas faits pour le monde que nous avons créé, et nos corps le savent
Notre corps a évolué pour marcher, pas pour le monde sédentaire que nous habitons. Ce qu'un livre sur la posture m'a appris sur le corps et l'entraînement.
Il y a quelques années, j'ai mis les mains sur un livre qui a changé quelque chose dans ma façon de travailler : « The Power of Posture », de Naudi Aguilar. Ce que je vais partager ici, c'est ce que j'en ai retenu et comment cela a renforcé, et parfois transformé, ma façon d'accompagner les corps qui me sont confiés.
Le monde a changé. Nos corps, non.
Nous conduisons là où nous marchions. Nous mangeons des aliments industriels là où nous consommions des aliments denses en nutriments. Nous réagissons au stress par l'immobilité là où nos ancêtres réagissaient par le mouvement.
Le problème, c'est que notre biologie n'a pas suivi ce changement. Notre corps a été conçu, façonné par des millions d'années d'évolution, pour se tenir debout et se déplacer sur deux pieds. La posture debout et la marche sont les actions les plus fondamentales que nous accomplissons en tant qu'êtres humains. Elles ne sont pas anecdotiques. Elles sont la fondation de tout.
Quand nous nous éloignons de cette fondation (par la sédentarité, par des chaussures qui déconnectent nos pieds du sol, par des heures passées assis dans des positions que notre structure n'a pas été conçue pour tenir), le corps s'adapte. Il compense. Il trouve des solutions de contournement. Et ces compensations, avec le temps, deviennent des dysfonctions. La douleur, les blessures récurrentes, la fatigue chronique : ce ne sont pas des malchances. Ce sont souvent les symptômes d'un corps qui s'est éloigné de ses forces biologiques.
Le paradoxe de l'entraînement moderne
Ce qui m'a le plus frappée dans la réflexion de Naudi Aguilar, c'est cette idée : si votre programme d'entraînement reproduit les mêmes schémas neurologiques dysfonctionnels que votre posture au quotidien, il ne vous aide pas. Il renforce le problème.
Partout, on voit des programmes qui mélangent les exercices sans fil conducteur, qui isolent des muscles sans contexte, qui cherchent l'esthétique sans jamais questionner la mécanique sous-jacente. Ce n'est pas une critique des gens qui s'entraînent. C'est une observation sur des systèmes qui ont perdu de vue l'essentiel : à quoi sommes-nous biologiquement destinés, et comment entraîner le corps en respectant cette réalité ?
J'ai moi-même traversé cette période de questionnement. Après des années à enseigner, à expérimenter, à observer des résultats qui plafonnaient ou des douleurs qui revenaient malgré un travail sérieux, j'ai senti que quelque chose manquait. Que le corps ne pouvait pas être conditionné en pièces détachées. Que la posture n'était pas un détail esthétique mais le point de départ de tout.
Ce livre a été pour moi une confirmation et une boussole. Pas un dogme, mais une logique : partir de la position debout optimale, analyser comment le corps se tient et se déplace, identifier ce qui perturbe cette organisation naturelle, et construire à partir de là.
Ce que j'ai compris sur le déséquilibre
Une des idées qui m'a le plus marquée est celle-ci : nous sommes souvent inconscients du déséquilibre de notre propre corps. Et cela est vrai aussi pour nous, professionnels du mouvement.
Si je travaille moi-même avec des compensations non corrigées, avec une posture déréglée, avec des schémas de mouvement inefficaces, comment puis-je identifier avec précision ce qui est équilibré chez quelqu'un d'autre ? C'est une question d'humilité professionnelle que je me pose régulièrement. Et c'est l'une des raisons pour lesquelles mon propre travail corporel ne s'est jamais arrêté, même après dix-sept ans d'enseignement.
Le déséquilibre n'est pas visible à l'œil non formé. Il s'est installé progressivement, imperceptiblement, en réponse à un environnement qui nous demande de rester assis, de regarder des écrans, de porter des chaussures rigides, de ne jamais vraiment solliciter notre corps dans sa globalité et dans son intelligence naturelle.
Ce que ça change dans ma pratique
Tout cela a renforcé une conviction que j'avais déjà, mais que je formule aujourd'hui avec plus de clarté : on ne peut pas construire un programme d'entraînement efficace sans commencer par observer comment la personne se tient et comment elle bouge.
La posture n'est pas le résultat du travail. C'en est le point de départ.
C'est pourquoi chaque parcours chez Momentum commence par une analyse posturale. Pas pour cocher une case, mais parce que c'est là que se trouvent les réponses : dans la façon dont un corps s'organise dans l'espace, dans ce qu'il compense, dans les déséquilibres qu'il a appris à ignorer. À partir de cette lecture, je construis un programme qui respecte la logique du corps. L'objectif, c'est de rendre votre corps plus efficace, plus résilient, plus intelligent face aux contraintes que le monde moderne lui impose chaque jour.
C'est, en fin de compte, ce que l'évolution nous a préparés à faire, si nous acceptons de revenir à la fondation.
Vous souhaitez comprendre depuis quelle fondation votre corps travaille, et comment construire à partir d'elle ? C'est exactement ce que nous explorons ensemble lors d'un bilan postural chez Momentum.
